Éclairage sculptant les traits d’un visage
Chirurgie maxillo-faciale

Tumeurs de la tête et du cou

Tumeurs de la cavité buccale, des sinus, du cou et de l’orbite.

Durée

Variable selon le stade

Anesthésie

Anesthésie générale

Hospitalisation

Hospitalisation adaptée à l’étendue de la chirurgie

Convalescence

Protocole individualisé, avec accompagnement orthophonique et nutritionnel

L’intervention

La région de la tête, du cou et de la cavité buccale est le carrefour de nos fonctions vitales et de notre expression : s’alimenter, déglutir, parler, respirer, sourire et transmettre des émotions. Face à un cancer de la bouche ou de la sphère cervico-faciale, la prise en charge chirurgicale doit répondre à une exigence sans compromis.

Deux objectifs sont poursuivis simultanément : l’éradication oncologique définitive de la tumeur et de ses extensions ganglionnaires, associée à une restauration anatomique, morphologique et fonctionnelle tridimensionnelle.

Spécialiste de la chirurgie de la tête et du cou et de la chirurgie maxillo-faciale, le Docteur Yousefpour intègre l’ensemble de la chaîne de soins de haute précision : résection tumorale microscopiquement contrôlée, traitement chirurgical curatif des métastases ganglionnaires cervicales (évidement cervical) et maîtrise experte de la reconstruction par lambeaux libres microvasculaires autologues.

Au-delà de l’exérèse, le Dr Yousefpour possède une formation approfondie en chirurgie reconstructrice : il comble les défects laissés par l’ablation de la tumeur à l’aide de lambeaux musculaires de voisinage ou de lambeaux libres, en tenant compte de la fonction comme du contour du visage. Sa pratique de la chirurgie esthétique du visage l’amène à appliquer à la reconstruction les principes et les techniques du lifting, afin d’obtenir des cicatrices plus discrètes et une apparence plus naturelle.

Le protocole, étape par étape.

  1. Étape 1

    Bilan d’extension précis

    Biopsie, imagerie dédiée et bilan d’extension locorégional et général avant toute décision thérapeutique.

  2. Étape 2

    Résection in sano

    Exérèse de la lésion primitive avec marges de sécurité microscopiques, en préservant les structures vitales de voisinage.

  3. Étape 3

    Évidement cervical curatif

    Curage méthodique et réglé des chaînes lymphatiques à risque ou métastatiques, avec préservation neuro-vasculaire méticuleuse.

  4. Étape 4

    Reconstruction et réhabilitation

    Reconstruction par lambeau libre microvasculaire, puis réhabilitation morpho-fonctionnelle et surveillance coordonnée en concertation pluridisciplinaire.

Localisations fréquentes et défis anatomiques

La grande majorité des tumeurs de cette sphère sont des carcinomes épidermoïdes, touchant des zones hautement fonctionnelles.

  • Langue mobile et plancher buccal : risque direct d’entrave majeure à l’élocution et à la déglutition, avec un fort potentiel d’extension ganglionnaire cervicale précoce.

  • Os mandibulaires et maxillaires : atteinte nécessitant des résections osseuses complexes (mandibulectomies, maxillectomies) pour lesquelles la reconstruction composite immédiate est indispensable au maintien de l’architecture du bas du visage et de l’articulé dentaire.

  • Muqueuse jugale (joues), voûte palatine et oropharynx : rétablissement de parois étanches et souples pour préserver la fonction respiratoire et alimentaire.

  • Massif facial et glandes salivaires : dissection minutieuse au contact des rameaux moteurs du nerf facial.

De la résection radicale à la haute microchirurgie

  • Exérèse oncologique radicale (in sano) : la priorité absolue reste le contrôle carcinologique avec l’obtention de marges saines de sécurité microscopique, sans sacrifier inutilement les structures vitales de voisinage.

  • Évidements cervicaux réglés (sélectifs, fonctionnels ou radicaux modifiés) : le cou représente le premier relais de dissémination tumorale, d’où l’ablation exhaustive des chaînes lymphatiques à risque ou métastatiques.

  • Préservation neuro-vasculaire méticuleuse : protection systématique du nerf spinal accessoire (XI, mobilité de l’épaule), du nerf grand hypoglosse (XII, motricité de la langue), du nerf vague (X) et des axes jugulo-carotidiens.

  • Incisions cervico-faciales esthétiques : voies d’abord stratégiquement dissimulées dans les plis naturels de flexion cutanée du cou.

  • Reconstruction plastique et réhabilitation morpho-fonctionnelle : lambeaux loco-régionaux muqueux et musculo-cutanés pour reformer le plancher buccal, la langue ou la lèvre, prévention des dépressions cicatricielles et des asymétries visibles, rétablissement de l’ouverture buccale, de la phonation, de la mastication et de la déglutition.

Expertise en microchirurgie reconstructrice : les lambeaux libres microvasculaires

Pour les pertes de substance complexes ou étendues, les greffes ou lambeaux locaux simples ne suffisent plus. Le Docteur Yousefpour maîtrise le recours aux transferts tissulaires libres revascularisés sous microscope opératoire.

  • Lambeaux composites osseux (fibula / péroné) : prélèvement osseux vascularisé pour reconstruire entièrement la mandibule ou le maxillaire, rétablir la projection faciale et permettre une réhabilitation implantaire future.

  • Lambeaux fasciocutanés ou musculocutanés fins (lambeau antébrachial radial dit « chinois », lambeau antéro-latéral de cuisse - ALT) : tissus souples et vascularisés permettant de recréer une néo-langue mobile, d’étanchéifier le plancher buccal ou de combler des volumes jugaux sans rétraction.

  • Micro-anastomoses vasculaires de haute précision : raccordement des artères et veines du greffon aux vaisseaux receveurs du cou sous grossissement optique microchirurgical, garantissant une vitalité tissulaire optimale même en territoire irradié ou complexe.

Questions fréquentes

Vais-je obligatoirement avoir une trachéotomie, et est-elle définitive ? La trachéotomie n’est pas systématique, mais elle est fortement recommandée lors des résections buccales étendues associées à un évidement cervical et à un lambeau libre. Elle est strictement temporaire dans la grande majorité des cas : son rôle est de sécuriser le passage de l’air pendant la phase d’œdème initial. Dès que les voies aériennes sont dégonflées et perméables, la canule est retirée et l’orifice cicatrise spontanément en quelques jours.

Comment vais-je m’alimenter après l’opération ? Durant les premiers jours, la mastication et la déglutition sont impossibles en raison du gonflement et pour protéger les micro-sutures muqueuses. L’apport nutritionnel est assuré par une sonde naso-gastrique ou par une sonde de gastrostomie. Dès que la cicatrisation muqueuse est confirmée par le chirurgien, la réintroduction de l’alimentation orale (liquide puis mixée) débute sous surveillance orthophonique.

Qu’est-ce qu’un lambeau libre microvasculaire et pourquoi y avoir recours ? Il s’agit d’un prélèvement de tissu autologue (peau, muscle, os) réalisé sur une autre partie du corps (bras, cuisse, jambe) avec son artère et sa veine nourricières. Il est transféré au niveau de la tête ou du cou, où ses vaisseaux sont suturés sous microscope aux vaisseaux cervicaux. Cette technique de pointe permet de réparer des pertes de substance volumineuses ou complexes avec un résultat morphologique, fonctionnel et esthétique bien supérieur aux techniques classiques.

Pourquoi l’évidement ganglionnaire cervical est-il indispensable ? Les cellules cancéreuses de la cavité buccale migrent fréquemment vers les ganglions lymphatiques du cou, parfois sous forme de micrométastases invisibles à l’imagerie. L’évidement cervical permet de nettoyer chirurgicalement ces relais à risque, d’éradiquer les foyers secondaires et d’établir une classification histologique précise pour adapter la suite de la prise en charge.

Risques et complications possibles

  • Complications générales et locales : hématome cervical compressif (urgence chirurgicale), saignement, infection du site opératoire, retard de cicatrisation, fistule salivaire par lâchage de suture muqueuse.

  • Risques liés au lambeau microvasculaire : thrombose veineuse ou artérielle des micro-anastomoses nécessitant une réintervention en urgence pour sauvetage du lambeau, nécrose partielle ou totale du greffon, complications sur le site donneur (retard de cicatrisation, hématome, perte transitoire de sensibilité, cicatrice visible).

  • Risques liés à l’évidement cervical : diminution ou perte de sensibilité cutanée du cou, du menton ou du lobe de l’oreille ; lésion ou parésie de nerfs moteurs — nerf spinal (XI) entraînant une faiblesse de l’épaule, rameau mentonnier du nerf facial créant une asymétrie labiale, nerf hypoglosse (XII) impactant la motricité linguale ; fuite lymphatique ou lymphocèle cervicale.

  • Trachéotomie : encombrement trachéal, saignement péritrachéal, atélectasie pulmonaire, sténose trachéale rare, cicatrice cervicale basse.

  • Troubles de la déglutition et fausses routes : risque de pneumopathie d’inhalation justifiant l’arrêt temporaire de l’alimentation par la bouche.

  • Sonde naso-gastrique ou gastrostomie : irritation nasale et pharyngée, obstruction de sonde, déplacement accidentel, hématome ou infection péri-stomiale pour la gastrostomie.

  • Contrôle histologique : si l’examen anatomopathologique met en évidence des marges limites ou envahies (R1), une reprise chirurgicale complémentaire ou un traitement adjuvant (radiothérapie, chimiothérapie) est discuté en concertation pluridisciplinaire.

Information médicale et consentement éclairé

  • Exérèse oncologique de la tumeur primitive : résection de la lésion maligne cervico-bucco-faciale avec des marges de sécurité saines (in sano).

  • Traitement chirurgical des métastases ganglionnaires : curage méthodique et réglé des ganglions lymphatiques cervicaux pour éliminer les extensions métastatiques et prévenir la récidive.

  • Reconstruction microvasculaire par lambeau libre autologue : prélèvement tissulaire à distance (bras, cuisse, jambe) et transfert au niveau du cou ou du visage avec anastomoses microchirurgicales artérielles et veineuses sous microscope.

  • Mesures de sécurisation respiratoire et nutritionnelle : réalisation possible d’une trachéotomie temporaire de protection et mise en place d’un dispositif de nutrition entérale (sonde naso-gastrique ou gastrostomie).

  • Une information claire, loyale et détaillée est délivrée en consultation dédiée, et un document de consentement personnalisé est remis afin de disposer du recul nécessaire avant de consentir librement à l’intervention.